Jonas et François: «Sébastien Tellier, c’est le nouveau Gainsbourg»

Le duo français Jonas et François vient de réaliser le clip «Kilometer» de notre Sébastien Tellier national. Aucun rapport avec la chanson, nous affirment-ils. C’est pour ça qu’on aime.

Jonas et François, vous disiez dernièrement vouloir revenir à la scène rock. Alors, pourquoi la pop de Tellier ?
Gainsbourg s’asseyait sur les catégorisations ou s’en fichait tout simplement en décidant de donner dans le reggae s’il y trouvait son compte artistiquement. Tellier, c’est le nouveau Gainsbourg pour nous, en plusieurs sens. «Pop» n’est pas un mot vulgaire, c’est même mieux que «rock», ça englobe une grosse partie de la scène rock d’aujourd’hui. Tout ça pour dire qu’on n’est pas si loin. La guitare, dans un clip de rock, c’est juste un accessoire finalement.

Dans votre clip, malgré le nombre important de petits culs qui l’entourent, Tellier bouffe l’écran. Est-il l’«acteur» le plus physique avec lequel vous ayez tourné ?
Tellier est anti-physique, il redéfinit le charisme. C’est sérieux ! Etre physique, c’est bidon. Mick Jagger est, par exemple, bien plus efficace lorsqu’il envoie tout sans bouger. C’est bien plus fort d’envoyer sans être physique.

Elle sort d’où, la maison du clip ?
Entre Paris et MickeyLand, à l’époque où les architectes posaient des maisons surréalistes sur les bords de Marne, quand les gens allaient encore à la pêche. Une vrai maison pur jus 70’s, avec le mobilier d’époque. On a quasi rien touché.

«Kilometer» parle de l’endurance lors d’un rapport sexuel. En combien de temps avez-vous tourné le clip ?
Deux jours. Et deux jours de tournage, ça devient un luxe aujourd’hui.

Tellier est un obsédé des culottes. Vous avez écrit le script ensemble ?
Tellier nous a donné quelques mots clés comme «autoroute», «Kraftwerk», «sexuel», «truck», et on a écrit un truc qui n’incluait aucun de ces mots ou presque. Mais ça devait quand même sentir le siège de camion resté au soleil, un côté à l’ancienne et sensuel jamais vulgaire, un poil naïf. Le cœur de l’idée était d’avoir une touche Pierre Richard dans les attitudes de Tellier et le style final de la vidéo (jusqu’au look rétro). De faire un clip français comme ils réalisaient les films avec Richard – un peu cul, absurde, potache par moment, poétique dans son genre.

Le prochain artiste dont vous allez faire le clip ?
On vient de réaliser le «Peace» de Depeche Mode. On a plein d’envies, on verra si tout cela se fait.
ENTRETIEN RAPHAËL TURCAT




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